LES CHATEAUX FORTS


Barbacane
Une Barbacane est un ouvrage défensif qui protège face à l’ennemi un point faible d’une enceinte fortifiée (porte, pont-levis, etc.).
Le terme barbacane désignait pendant le Moyen Âge un petit ouvrage de fortification avancé, le plus souvent de plan circulaire, qui protégeait un passage, une porte ou poterne, et qui permettait à la garnison d’une forteresse de se réunir sur un point saillant à couvert, pour faire des sorties, pour protéger une retraite ou l’introduction d’un corps de secours.

Bretèche
Une bretèche, orthographiée aussi bretêche et appelée en ancien français bretesse ou bretesche (du bas latin brittisca, « [fortification] britannique] », puis « parapet » au Xe siècle), est un petit avant-corps rectangulaire ou à pans coupés, plaqué en encorbellement sur un mur fortifié au Moyen Âge (mur de château fort, forteresse, ville, ferme, manoir ou église fortifiés), défendant par un flanquement vertical la base de la muraille (« bretèche de façade » ou « bretèche de chemin de ronde »), une ouverture dans ce mur (porte, poterne) ou un angle (« bretèche d’angle »).
Les bretèches deviennent fréquentes au XIIIe siècle sauf aux angles où elles sont plutôt garnies de tours en bonne et due forme ou d’échauguettes, sorte de bretèches d’angle qui prennent la forme d’une loge de volume plus important, carrée ou cylindrique (guérite ou tourelle cylindrique), contenant une petite pièce. Les bretèches de façade sont également peu fréquentes, constituant un pis-aller destiné à remplacer les mâchicoulis, voire les paliers lorsqu’ils manquaient.
Avec le déclin des éléments défensifs de l’architecture militaire au Moyen Âge au XVe siècle, la bretèche prend une fonction décorative (« fausse bretèche »).
Cette menue guérite est généralement de forme parallélépipédique en encorbellement sur une enceinte militaire (muraille, courtine, etc.) ou, plus souvent, au-dessus du portail principal. Ce type d’ouvrage à titre défensif est pourvu d’un plancher ajouré qui protège le pied du mur par jets de projectiles. Les premières bretèches en bois, y compris le hourd, sorte de galerie, vulnérables au feu, sont remplacées par celles en pierres, véritable passage couvert, contournant la forteresse en entier.

Corbeau
En architecture de château fort, un corbeau est un support en pierre ou en bois qui fait saillie (dépasse) sur le nu d’un mur.
Caractéristiques et rôles
Fonction structurelle : Il sert à porter une charge lourde, comme une poutre, une charpente, un linteau, une voûte, un balcon ou une corniche.
Rôle défensif : À l’extérieur des fortifications, les corbeaux sont souvent alignés pour supporter des éléments en surplomb tels que les mâchicoulis, les hourds (galeries de bois) ou un chemin de ronde en encorbellement.
Forme et origine : Il est généralement taillé d’une seule pièce (ou formé de plusieurs assises). Son nom vient de l’ancien français corbel (le corbeau, l’oiseau), en raison de sa forme perchée en haut des murs.

Contrescarpe
La contrescarpe est le talus extérieur du fossé d’un ouvrage fortifié. Il fait face à l’escarpe, le talus intérieur du fossé.
La contrescarpe est soit en terre, soit revêtue en maçonnerie. Dans les fortifications modernes, le fossé est battu par une galerie de contrescarpe percée de meurtrières. La hauteur de la contrescarpe doit permettre de couvrir entièrement le talus maçonné de l’escarpe de l’artillerie attaquante sans gêner les vues des défenseurs.

Mur ou talus bordant le fossé côté campagne.
Corps de garde
Un corps de garde (appelé aussi salle des gardes) est un bâtiment ou un local militaire situé à l’entrée d’une fortification.
Rôle et fonctions principales
Protection de l’entrée : Il sert à surveiller l’accès principal, à filtrer les personnes et les marchandises qui entrent dans l’enceinte, et à déclencher l’alarme en cas d’attaque.
Logement de la garnison : Il abrite la petite troupe de soldats chargée de la garde (souvent moins d’une dizaine d’hommes par rotation).
Manœuvre des défenses : Selon sa configuration sur un ou plusieurs niveaux, il permet aux soldats de piloter directement les pièges et accès cruciaux (herse, pont-levis, assommoirs, hourds).
Vie quotidienne : Les soldats y partagent les temps de veille, le repos, l’entretien des armes ou les jeux de société entre deux rondes.

Courtine
Châteaux et fortifications médiévales : C’est la portion de muraille (le rempart) qui relie deux tours adjacentes. Elle est souvent surmontée d’un chemin de ronde, de créneaux, de merlons ou de mâchicoulis.
Fortification bastionnée : C’est le pan de muraille droit qui unit les flancs de deux bastions voisins.
Douve
Une douve, terme généralement employé au pluriel, est un fossé rempli d’eau et entourant des châteaux, des bâtiments importants ou encore des villes fortifiées.
Les douves étaient des fossés larges et profonds remplis d’eau, creusées de manière à constituer un obstacle aux attaques. L’usage des engins de siège, comme les tours, les béliers, qui nécessitent l’accès aux murs d’enceinte, était rendu difficile voire impossible pour des fortifications entourées de douves. Autre avantage, l’eau des douves permettait de contrecarrer les tentatives de sape.
Le remplissage des douves se faisait en détournant les eaux d’un cours d’eau, d’un étang ou d’un lac à proximité. Pour les fortifications maritimes, les douves étaient naturellement remplies par de l’eau de mer. Elles nécessitaient un entretien constant, pour curer les fonds et les débarrasser des branches ou débris qui auraient facilité leur franchissement.
L’accès à l’intérieur de l’enceinte était possible initialement par l’intermédiaire de ponts légers ou démontables, pouvant être sacrifiés en cas d’invasion, et plus tard par des ponts mobiles, comme les ponts-levis.
Dans les zones montagneuses ou escarpées où le stockage de l’eau était difficile, elles étaient remplacées par des fossés à sec. De même, les petits seigneurs qui n’avaient pas les moyens de faire construire des douves maçonnées, se contentaient de fossés secs qui pouvaient être piégés (garnis de pieux entrecroisés, tapissés de pointes de fer camouflées par la végétation).
Le déclin du château fort au XVIIe siècle a entraîné leur assèchement pour raisons sanitaires.

Echauguette
Dans un château fort ou une fortification, une échauguette est une petite pièce carrée, polygonale ou cylindrique, le plus souvent construite en encorbellement et dotée de mâchicoulis et de meurtrières, destinée à abriter un guetteur et à lui permettre d’avoir un champ de vision complet sur le secteur (270 degrés). Par extension, elle désigne un petite tourelle placée aux angles d’édifices civils et d’habitations.
Une échauguette se différencie d’une tour en étant construite attenante à un mur. Une tour est construite à partir du sol.
Dans les plus anciennes fortifications du Moyen Âge, il y avait des échauguettes. Il est à croire que ces premières échauguettes étaient en bois, comme les hourds, et qu’on les posait en temps de guerre. Tous les couronnements de forteresses antérieures au XIIe siècle étant détruits, nous ne connaissons pas la forme exacte de ces échauguettes primitives ; lorsqu’elles ne consistaient pas seulement en petites loges de bois, mais si elles étaient construites en maçonnerie, ce n’étaient que de petits pavillons carrés ou cylindriques couronnant les angles des défenses principales, comme ceux du donjon du château d’Arques. Les plus anciennes échauguettes encore existantes sont placées sur les défenses ; elles sont ouvertes ou fermées, couvertes et munies même de cheminées, ou ne présentent qu’une saillie sur un angle, le long d’une courtine, de manière à offrir un petit flanquement destiné à faciliter la surveillance, à poser une sentinelle, une guette. C’était particulièrement dans le voisinage des portes, aux angles des gros ouvrages, au sommet des donjons, que l’on construisait des échauguettes. Les dernières échauguettes sont en forme de poivrière sur un cul-de-lampe et n’ont plus de fonction défensive, gardant uniquement la valeur d’une guérite.

Lice
Une lice est une palissade qui entoure une fortification, mais également un stade. Par extension, une lice est un espace réservé entre les deux enceintes d’une ville fortifiée, ou entre les murs et les barrières extérieures. On donnait aussi le nom de lices aux champs clos destinés aux exercices, joutes, tournois, pas d’armes et jugements de Dieu.
À l’origine, les lices étaient des palissades construites en bois qui entouraient les maisons fortes et les châteaux. Ce nom a ensuite servi à désigner tout champ ou terrain clos destiné à des tournois ou autres exercices en plein air. Ces différents usages ont donné naissance à l’expression « entrer en lice », qui signifie « entrer en compétition ».

Mâchicoulis
Un mâchicoulis est un élément d’architecture militaire médiévale suspendu au sommet des murailles ou des tours d’un château fort.
Rôle et fonctionnement
Le principe : C’est un balcon en pierre ou en bois construit en encorbellement. Le sol de ce balcon est percé d’ouvertures carrées disposées au-dessus du vide.
La défense verticale : Ces ouvertures permettent aux défenseurs de surveiller le pied de la muraille (la zone aveugle) et de jeter verticalement des projectiles sur les assaillants sans s’exposer aux tirs ennemis.
Les projectiles utilisés : Contrairement au mythe populaire de l’huile bouillante (très rare et coûteuse), les soldats y jetaient principalement de lourdes pierres, du sable brûlant, de la chaux vive ou de l’eau bouillante.
Différence clé : Mâchicoulis vs Hourds vs Assommoir
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Élément |
Matériau |
Emplacement |
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Mâchicoulis |
En pierre (définitif) |
Tout le long du sommet des remparts et des tours |
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Hourds |
En bois (souvent temporaire) |
Galeries en bois fixées avant un siège, ancêtres du mâchicoulis. |
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Assommoir |
En pierre |
Plafond d’un passage d’entrée (souvent lié au corps de garde |
Pinacle
Dans l’architecture gothique, amortissement pyramidal, de forme élancée, des contreforts et des culées d’arcs-boutants. (Fonctionnel par son poids, très orné à partir du XIIIe s., il devient motif décoratif, traduit en menuiserie et en orfèvrerie.)
Couronnement, finoison, comme on disait au XIVe siècle, d’un contre-fort, d’un point d’appui vertical, plus ou moins orné et se terminant en cône ou en pyramide. Dans les monuments d’une haute antiquité, on signale déjà certains amortissements d’angles de frontons et de corniches qui sont de véritables pinacles[1] : La plupart des monuments de notre période romane ont perdu presque tous ces couronnements supérieurs qui rappelaient cette tradition antique. Toutefois les ornements en forme de pomme de pin, qui terminent les lanternons de l’église de Saint-Front de Périgueux, peuvent bien passer pour de véritables pinacles. Ce n’est guère qu’au XIIe siècle que l’on commence à signaler des restes nombreux de ces sortes d’amortissements. Alors ils surmontent les angles des clochers carrés à la base des cônes ou des pyramides formant la flèche ; ils apparaissent au-dessus des contre-forts aux angles des pignons. D’abord peu développés, ou en forme d’édicules, ils prennent, dès la fin du XIIe siècle, une assez grande importance ; puis au commencement du XIIIe siècle, ils deviennent souvent de véritables monuments. Comme tous les membres de l’architecture de ce temps, les pinacles remplissent une fonction : ils sont destinés à assurer la stabilité des points d’appui verticaux par leur poids ; ils maintiennent la bascule des gargouilles et corniches supérieures ; ils arrêtent le glissement des tablettes des pignons ; ils servent d’attache aux balustrades ; mais aussi leur silhouette, toujours composée avec un art infini, contribue à donner aux édifices une élégance particulière. Quelquefois, pendant la période romane, ce sont des amortissements très-simples. Les contre-forts des XIe et XIIe siècles, dans le Beauvoisis, par exemple, sont souvent terminés, à leur extrémité supérieure, par un cône recourbé à la pointe.

Poterne
Une poterne est une petite porte qui était intégrée aux murailles d’une fortification, de façon discrète et qui permettait aux habitants du château de sortir ou rentrer à l’insu de l’assiégeant.
Placée dans le bas des courtines, au niveau des fossés, elle était généralement sous la protection des meurtrières d’une tour proche ou d’une bretèche.
Tour d’angle
Une tour d’angle (ou tour du coin, ou tour cornière) est une tour de flanquement située à l’angle d’un château ou d’une forteresse permettant la surveillance et la défense dans toutes les directions.
Les angles des forteresses médiévales étaient des points sensibles, car d’attaque plus facile et de défense plus difficile qu’un mur de rempart. Et lorsque l’assaillant avait pu prendre pied, il était masqué pour les défenses rapprochées et difficile à déloger.
Par ailleurs, ces tours permettaient un tir en enfilade sur les assaillants, des deux côtés de l’angle où se situe la tour.
Il fallait donc que ces tours d’angle fussent très fortes par elles-mêmes. On les bâtissait sur une circonférence plus grande que les autres, on les tenait plus hautes, on multipliait les obstacles à leur base à l’extérieur, par des fossés plus larges, des palissades, quelquefois même des ouvrages avancés.
On trouve des tours d’angle sur de nombreuses forteresses européennes, en France, au Royaume-Uni ou sur les kremlins russes.
À Paris, l’enceinte de Philippe-Auguste présente trois tours d’angle : Les tour du Coin (Louvre), tour de Nesle, tour Barbeau. L’enceinte de Charles V en présente deux : tour du Bois et tour de Billy. Une des huit tours de la Bastille porte le nom de tour du coin.

